Arts martiaux internes et santé.
Question: comment les arts martiaux internes contribuent-ils à maintenir le corps et l'esprit en bonne santé ?
Je laisserai la réponse aux experts en arts martiaux internes chinois. Je me permettrai juste une constatation dûe à ma propre expérience dans la pratique de l'aïki no michi (aïkido) art martial japonais.
En préambule j'aimerai rappeler quelques évidences :
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La pratique de l'art martial, comme tout effort physique, me direz-vous, libère les tensions et par là même permet la relaxation du corps. Pratiquer avec le sourire contribue de surcroît à cette relaxation pleine et entière (le fondateur de l'aïkido disait qu'il fallait pratiquer avec joie).
Le corps a besoin de mouvement pour faire circuler le sang, permettant l'échange des énergies yin et yang, pour équilibrer la droite et la gauche, pour faire circuler l'énergie.
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La culture et le mode de vie occidental a fait perdre la souplesse naturelle de notre corps, nous n'avons plus conscience de notre « centre ». Regardez marcher les gens dans la rue, combien y en a t-il qui utilisent leurs hanches ? Et pourtant la plus grande énergie, le plus grand pouvoir cinétique dans le corps est généré par les articulations de la hanche. Regardez les gens ramasser un objet tombé à terre, combien y en a t-il qui utilisent la souplesse de l'articulation du genoux pour s'abaisser et garder ainsi leur « centre » ?
Notre corps est contraint de supporter l'excédent de bagage mental accumulé depuis des années, l'amenant tôt ou tard à l'épuisement. Une maladie est souvent directement imputable à des années de stress ou d'abus corporel. L'énergie se bloque (mal de dos, migraines) elle ne circule plus librement dans le corps.
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Cette circulation d'énergie humaine (ch'i, qi ou ki) à travers notre corps est en grande partie la clé du génie chinois, on lui doit les arts du domaine de la santé (acupuncture, pharmacopée), les arts martiaux et la méditation. Cette énergie beaucoup ne la perçoive plus ou pas, ne la ressente pas, pourtant elle est en nous et nous préserve de la mort. C'est là que la pratique de l'art martial va nous faire redécouvrir cette force vitale, va revitaliser notre énergie et préserver notre santé.
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Les mouvements de l'aïkido sont circulaires et obéïssent à la loi des cinq éléments et des huit trigrammes (Bagua). L'énergie y circule en mouvements spiralés (notre voie lactée, les cyclones, même la coquille de l'escargot se forme en spirale). L'homme ne se situe t-il pas entre le ciel et la terre ? Par là même il en est partie intégrante et subit les influences rythmiques de l'univers. Cet art martial nous permet de respecter les principes de l'univers, condition sine qua none pour rester en bonne santé.
Application à la pratique de l'aïki :
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Les techniques de contrôle et d'immobilisation s'effectuant sur les articulations, les points d'acupuncture sont sollicités soit par pression, soit par extension. Le travail de la hanche permet aux muscles psoas de s'équilibrer et donc d'avoir une position correcte de la colonne vertébrale.
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Quelques exemples de points sollicités pendant l'application de techniques en aïki :
Ikkyo, nikkyo,sankyo, yonkyo, gokyo sont cinq techniques qui permettent l'immobilisation du bras.
Kote gaeshi, ude kime nage, shiho nage sont des techniques qui permettent le contrôle et la projection par action douloureuse sur les articulations du bras.
En appliquant Ikkyo par le maintient du coude on presse sur le point GI11 (quchi) du méridien du gros intestin et sur le point P5 (chize) du méridien du poumon et par la torsion vers l'intérieur de l'épaule, les points IG9 (chien chen), IG10 (naoshu), GI16 (jugu) et TR14 (chien lao) méridiens intestin grêle, gros intestin et triple réchauffeur.
En appliquant nikkyo, on exerce une torsion du poignet vers l'intérieur ce qui a pour effet de solliciter par pression les points IG5 (yang ku) et IG6 (yang lo) du méridien de l'intestin grêle.
En appliquant sankyo, les points P7 (liegue) et P8 (chingchu) du méridien du poumon sont mis en extension et les points C5 (tong li), C6 (yin li) et C7 (shen men) du méridien du coeur sont soumis à pression par la torsion du poignet vers l'extérieur.
En appliquant yonkyo on presse avec le doigt les points MC5 (chin shih) et MC6 (nei guan) du méridien du péricarde ou maître coeur.
Lors de l'immobilisation par la technique gokyo, les points TR4 (yang chi) du méridien du tripple réchauffeur et GI5 (yang xi) du méridien du gros intestin sont sollicités par extension.
Avec ude kime nage, l'intérieur du coude mis en extension vers le haut permet d'agir sur les points MC3 (quze) du méridien maître coeur et C3 (shaohai) du méridien du coeur.
La technique shiho nage sollicite les mêmes points que nikkyo sur le poignet et les points situés au niveau de l'épaule par torsion extérieure.
Cela semble un peu technique mais méritait d'être souligné, c'est un point de départ de réflexion pour notre pratique des arts martiaux.
« tout est dans tout, tout est énergie »
Bibliographie : TAO YIN de Mantak CHIA
Energie vitale et autoguérison de Mantak CHIA